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05/05/2008

Aimé Césaire, une voix qui laisse un cri perçant en écho

d872c09673fd87873e5a63a77fce285b.jpgJeudi 17 avril 2008, la Martinique et le monde entier ont perdu un citoyen hors norme. Vaincu par la maladie à 94 ans, Aimé Césaire s’en est allé en nous léguant un héritage des plus précieux. Poète, écrivain, homme politique, les casquettes ne manquent pas à ce père de la négritude.


Lutte acharnée contre le colonialisme, le racisme et pour l’autonomie

Aimé Césaire, tant par ses activités littéraires que politiques, s’est battu tout au long de sa vie contre le colonialisme et le racisme. De ce farouche combat est né le non moins célèbre concept de négritude, évoqué dans son fameux recueil « Cahier d’un retour au pays natal », en 1939. Expression dont d’aucuns lui assignent la paternité mais dont l’auteur préférait qualifier de création collective.

Face à l’oppression culturelle du système colonial en Martinique, la négritude s’évertue à rejeter le projet français d’assimilation culturelle et la dévalorisation de l’Afrique ainsi que de sa culture. Ce terme désigne la conscience d’être noir, bien qu’Aimé Césaire lui-même se considérait être « de la race de ceux qu’on opprime ».

Très tôt, Aimé Césaire s’est vu immerger dans la politique. Député pendant près de 50 ans – de 1945 à 1993 –, maire de Fort-en-France de 1945 jusqu’en 2001, avec lui, la scène politique martiniquaise connaissait son plus fervent promoteur de l’autonomie de l’île. Il présidera d’ailleurs le Parti Progressiste martiniquais – PPM – qui revendiquait cette autonomie et ambitionnait de préparer le peuple martiniquais à assumer la responsabilité des décisions politiques, économiques, sociales et culturelles et à développer une personnalité martiniquaise.

Avec sa pièce de théâtre, la tragédie du roi Christophe, Césaire fait une fois de plus preuve d’une grande lucidité quant aux dérives du pouvoir, monnaie courante dans nombre de pays africains. En effet, il met en scène l’épopée d’un esclave, héros de l’indépendance en Haïti, qui se mute en tyran une fois porté au pouvoir.

Des obsèques nationales

Dimanche 20 avril, c’est toute une nation qui a dit adieu à Aimé Césaire. Fort-en-France a rendu un hommage à la hauteur de l’œuvre accomplie par son poète et maire. Des personnalités politiques françaises et africaines ont tous témoigné leur admiration à ce chantre de la négritude.

Durant deux jours, des milliers de martiniquais se sont recueillis devant la dépouille de leur père. Ces funérailles nationales montrent à quel point Aimé Césaire était un écrivain et homme politique exceptionnel. Sa grandeur se manifeste également par le souhait de certains de lui accorder un éternel repos au Panthéon.


Noémie Moukanda

01:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

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