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12/05/2008

La réussite à portée de main

ebe34e50287c78ce9cbd369dff39c950.jpgDès notre enfance, on nous prodigue sans cesse les mêmes conseils : « va au bout de tes rêves ! », « ne baisse pas les bras ! », « avec de la volonté, on peut soulever des montagnes » … Ces paroles, pleines de sagesse, nous semblent aujourd’hui « bateau ». Pourtant, il nous suffit de les appliquer pour nous rendre réellement compte de leur portée.


La réussite nous concerne tous, tout âge confondu, et la sensation d’avoir accompli ce que nous voulions demeure la même, que l’on soit ministre, vendeuse, femme de ménage ou encore étudiante. Pas à pas, nous acquerrons les instruments nécessaires au succès. En effet, la réussite demeurant progressive, nous avons intérêt à ne brûler aucune étape qui mène jusqu’à elle.

La secrétaire d’Etat aux Familles et aux Personnes handicapées, Gisèle Mandaila, va nous livrer, avec l’aide du sociologue et professeur à l’Université libre de Bruxelles (ULB), Claude Javeau, les ingrédients qui l’ont placée là où elle siège aujourd’hui.

Une question d’équilibre

Réussir sa vie ou réussir dans la vie sont là deux choses distinctes, mais qui requièrent malgré tout la même implication personnelle. En effet, avoir une famille ou des amis avec lesquels nous nous entendons bien et entretenons des relations sincères et stables compte tout autant qu’avoir un bon boulot dans lequel nous évoluons et nous nous épanouissons. Toutefois, les deux vies, privée et professionnelle, ne se retrouvent toujours pas sur le même pied d’égalité. Nous accordons plus d’importance à l’une ou à l’autre alors que nous devons plutôt chercher à créer un équilibre entre les deux.

Dans la lignée de ce que nous entendons depuis notre jeune âge, le sociologue Claude Javeau estime que « une personne qui a réussi sa vie, c’est quelqu’un qui a trouvé une voie qui corresponde à ce qu’il avait vraiment envie de faire et qui le rend heureux ». Cette réussite-là ne se mesure pas en valeur monétaire ou par une vie clinquante accompagnée de tous les excès, à l’image de ce que la télévision véhicule de nos jours.

Il suffit d’observer Gisèle Mandaila, mère belge d’origine congolaise, pour percevoir sa satisfaction. Bien qu’elle estime qu’il lui reste encore beaucoup à accomplir, elle respire le bonheur, par le simple fait qu’elle exerce un métier qui l’a toujours guidée et qui l’épanouit. Ce bien-être se conjugue néanmoins à l’harmonie qu’elle a su créer au sein de son foyer, de son entourage d’amis et de ses relations professionnelles.

Plusieurs clés pour une même serrure

Quelle soit sociale, personnelle, amoureuse ou professionnelle, la réussite présente les mêmes caractéristiques. Mais les moyens d’y parvenir sont multiples et dépendent avant tout de notre volonté. Le premier pas à poser est sans doute celui de l’évaluation de ses objectifs. Avant même de chercher quels moyens utiliser, nous devons savoir exactement où nous voulons aller.

Claude Javeau souligne justement que, « pour réussir sa vie, il faut savoir dans quelle pièce l’on joue. Et dans la vie, « il faut avoir un projet et le mener de manière respectable, c’est-à-dire ne pas tricher, ne pas trahir, ne pas écraser les autres parce qu’un jour, ça nous retombe dessus ». Ce que la Secrétaire d’Etat issue du Mouvement réformateur a toujours suivi comme ligne de conduite. « Il faut avoir la capacité d’analyse de manière très objective, d’analyse à froid de certains problèmes et sujets » et de ce que l’on veut. C’est d’ailleurs l’essence même de la programmation neurolinguistique, dont le premier principe consiste à « clarifier ses objectifs ». Si on ignore ce que l’on veut vraiment, on n’a peu de chance de l’obtenir.

Peu importe le domaine dans lequel on se situe. Le plus important, au final, est de trouver satisfaction. Que nous espérions décrocher un boulot qui nous tienne à cœur ou que nous souhaitons désespérément monter le beau meuble que nous venons d’acquérir, c’est le résultat final qui compte. Le sourire que nous affichons ou l’immense bonheur que nous ressentons parce que nous avons été capables de… Ce sentiment de réussite est ce qui nous comble et nous pousse à aller de l’avant, car dorénavant, nous savons, malgré la difficulté, que nous avons les outils en main pour parvenir à nos fins.

Toutefois, il ne faut pas faire l’impasse sur le revers de la médaille. Effectivement, comme le yin et le yang, ou comme l’homme et la femme, la réussite s’accompagne aussi de son opposé, l’échec. Nombreuses sont les études qui prouvent que c’est dans l’échec qu’on apprend le mieux à se relever et à emprunter, à nouveau, la voie du succès. Rater un entretien d’embauche ou se faire larguer ne nous apprend que trop bien comment réagir la prochaine fois que l’on se retrouve face à une situation similaire.

Des règles identiques pour tous !

Comment cette réussite se concrétise-t-elle dans les différentes sphères de notre vie? En amour, elle se traduit par l’installation dans une relation stable, qui implique fidélité et constance réciproques. C’est-à-dire, « qu’on a le projet de vivre avec quelqu’un et que, quand on vit avec lui, on essaie de le rendre heureux et vice-versa. Pour le reste, qu’est-ce que c’est que le bonheur ? C’est l’absence de malheurs » ironise le sociologue.

Dans le cadre familial, nous pouvons estimer que nous avons réussi lorsque nous entretenons des relations positives et tendres. Il en convient que ce n’est pas facile, mais en étant attentif à l’autre, à son écoute, en n’exigeant aucune vertu exagérée, nous pouvons nous satisfaire de notre réussite. Et ça, que l’on soit riche ou pauvre, noble ou roturier, famille recomposée ou non, jeune adulte ou femme d’expérience.

S’agissant de la sphère sociale et professionnelle, le chemin vers la réussite aboutit à l’instant où nous obtenons l’estime de l’autre, voire par le plus grand nombre, constate le professeur émérite. Et à Gisèle Mandaila de rajouter « l’estime de soi et celle des autres, avoir foi en soi aide. Pas besoin de chercher à être absolument estimé des autres. Ce n’est même plus une question d’estime mais d’acceptation et de reconnaissance de ses capacités », conclut-elle. Nous sommes toutes singulières et cette distinction, en restant conscientes de nos forces et faiblesses, nous mènera au sommet de nos espérances.

Le nombril des autres est aussi beau que le sien

Une règle d’or que l’on ne doit jamais négliger dans sa quête vers la réussite, selon Claude Javeau, se résume dans cet adage moral : « Sois solidaire avec ton voisin, mais en même temps, fous la paix à ton voisin ! ». Ce qui veut simplement dire qu’il faut s’occuper de soi mais aussi des autres. À trop regarder son nombril, on oublie parfois que celui des autres est tout aussi beau voire plus intéressant. Effectivement, en se centrant trop sur soi, on s’invente des maux, des désagréments, certes factices, mais qui nous mettent néanmoins des bâtons dans les roues. Pour réussir et être bien dans sa peau, nous devons aller vers l’extérieur et comprendre le monde qui nous entoure.

Personnellement, la secrétaire d’Etat peut se valoir d’avoir rencontré la réussite dans ses relations humaines malgré l’injustice de certains. Être allochtone ne nous simplifie pas la vie. Pour faire face aux propos et comportements racistes auxquels elle se trouve confrontée depuis son arrivée à l’âge de onze ans en Belgique, Gisèle Mandaila, est allée vers toutes les personnes qui l’ont rejetée par la seule différence de couleur de peau. « C’est par mon comportement, ma façon d’être qu’ils ont appris à me connaître et qu’ils ont vu que je n’étais pas ce qu’ils croyaient. C’est une lutte quotidienne, qui consiste à s’insérer dans le milieu de ceux qui vous rejettent. C’est également être la meilleure et sortir sa tête hors de l’eau, et du lot. Je reste malgré tout égale à moi-même. Lorsque je ne suis pas d’accord, je le dis. Je ne vends pas mon âme au diable. Je me suis intégrée mais je ne m’assimile pas », souligne-t-elle.

Considérant avoir réussi sa vie privée et sociale bien avant sa carrière politique, la Secrétaire d’Etat a compris qu’il fallait s’intéresser aux autres quand on ambitionne de goûter au succès. « J’ai toujours été au milieu des gens. Et ce qui me motive particulièrement en politique, c’est d’être à leur service. Il faut être à l’écoute de l’autre, avoir une ouverture d’esprit, ne pas être borné par rapport à ses propres idées, idéologies. Il ne faut pas être égoïste. Nonobstant, elle conseille de « ne pas chercher l’amitié à tout prix ou à vivre dans une société par intérêt. Mais de rester soi-même et naturelle. Le plus important, c’est la simplicité ».

« Il n’y a pas d’autre secret que le travail »

Selon Gisèle Mandaila, la réussite dépend premièrement de soi-même. « On doit d’abord se connaître, connaître ses limites. C’est surtout se mettre réellement au travail. Pour la réussite, il n’y a pas d’autre secret. » Cependant, le travail ne se limite pas à la profession, insiste la femme politique, mais doit être compris dans son acception la plus large et dans le sens du travail « accompli ».

Elle conseille de mesurer la difficulté de chaque tâche et les solutions qui se présentent. « C’est difficile mais je dois avancer, travailler ; que ce soit pour l’école, pour réussir, il faut étudier ». Par le travail, on réussit ce que l’on entreprend, sa vie, mais entouré d’autres éléments tels que la volonté, le courage, la persévérance, et la foi en soi-même, en ses capacités, poursuit-elle. La peur qui nous handicape doit cependant être vaincue.

Enfin, mesdames, ne vous sous-estimez pas ! Que celle qui ne s’est jamais dit « je n’y arriverai jamais, ou « elle réussit tout et moi je rate la moindre chose que j’entreprends » me lance la première pierre ! « Beaucoup de femmes pensent ne pas être capables de faire le métier qu’elles veulent. En tant que femme, il faut se respecter, s’élève Gisèle Mandaila. Elle remarque avec regret que nombre d’elles « ne se respectent pas et se laissent écraser par les traditions » ou par les mauvaises langues.
 
La réussite n’est pas unique mais plurielle. À chacun de trouver la sienne, toutefois, elle ne se conçoit pas sans le bonheur. Et, gardez à l’esprit que la foi en soi est votre meilleur allié ! Nous n’avons abordé que les solutions au succès, mais bien entendu, il y a des mécanismes à éviter. Nous allons rapidement les énumérer pour que la boucle soit bouclée. Aléatoirement, et de manière non exhaustive : viser la lune, s’impatienter, se décourager trop vite, reporter à demain ce qui peut être fait aujourd’hui, croire qu’on a la science infuse, sous-estimer les conseils d’autrui, prendre les choses à la légère, être trop critique. À son propre rythme, il est temps de concrétiser ses paroles par des actes !

Noémie Moukanda

01:55 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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