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30/05/2008

Nicole aux mains d’argent et aux cheveux d’or

fc9c4716bb87b2d3bd0e8315a7ff4c6c.jpgQui des filles africaines n’a jamais passé des heures assise à se faire coiffer ou debout à tresser une sœur ou une copine ? Des rastas aux greffes, en passant par un brushing, Nicole Jocelyn a suivi son cœur et a fait de sa passion son métier. À côté de l’esthétique, cette mère est également la voix des commerçants du quartier Matongé en plein cœur d’Ixelles. Son amour de la coiffure a su lui donner une vie dont elle rêvait.


Quasi quinquagénaire, Nicole Jocelyn respire la fraîcheur. D’un hâle de peau métissé, coiffée de nattes africaines, elle possède la carrure d’une vraie femme d’affaires. Propriétaire de deux salons de coiffure en plein Porte de Namur, dans la commune bruxelloise d’Ixelles, cette maman cumule plusieurs fonctions.

Née à Port au Prince, en Haïti, Nicole a quitté sa terre natale à l’âge de quatre ans pour vivre, avec ses parents, dans la capitale de l’ex-Zaïre, Kinshasa. C’est dans ce pays qu’elle apprend, très tôt, à coiffer et plus tard à modeler les têtes des filles d’ici ou d’ailleurs. Ses premiers contacts avec la coiffure ont eu lieu à douze ans. Quitter ce pays d’adoption à seize ans n’atténuera en rien l’amour qu’elle porte aux cheveux et à leur esthétique.

Ma passion, mon métier

ca9e94b65365ced529a31f783a9cc504.jpgD’une mère directrice d’école et d’un père avocat, Nicole s’est engagée dans des études universitaires à l’ULB (Université libre de Bruxelles). Après deux années de médecine, elle s’est vite rendue compte que, bien que l’université ait une grande importance, son cœur et ses intérêts penchaient pour la coiffure. Elle a donc arrêté son cursus pour créer son propre salon. Toutefois, à 35 ans, elle s’est réinscrite dans le même établissement pour  effectuer une candidature en Droit.

Ce choix de se consacrer à la coiffure a été également motivé par les compliments que les gens lui faisaient sur son don de tresser les cheveux africains. Et l’expérience se confirmant, les têtes de toutes les couleurs passeront entre ses mains d’argent pour un embellissement, certes temporaire mais à l’attente des clientes.

D’après son propre vécu, Nicole ne voit qu’une clé principale à toute réussite professionnelle, et de là, de sa vie. "La chance de succès de ce que l’on veut faire est de toujours suivre sa passion. De suivre ce que l’on aime. Pas forcément ce que les parents aimeraient que vous fassiez ou de voir que tel ou tel a réussi et de se dire ’’tiens, je vais faire pareil, car là se trouve l’argent’’ ». Ce n’est pas ça la clé du succès. Mais bien de faire ce que l’on aime."

Bien entendu, une entreprise ne se monte pas sans un minimum de connaissances du terrain. Par conséquent, elle regrette le manque de qualification de certaines coiffeuses qui exercent au cœur même de ce quartier exotique. Malheureusement, le foisonnement de salons de coiffure que subit Matongé ne va pas nécessairement de pair avec professionnalisme. Elle déplore l’inconvénient majeur de ce secteur qui se trouve être une concurrence extrêmement rude.

Entièrement cosmopolite

Quand on voyage à travers le monde entier et qu’on rencontre des gens d’horizons divers, de plus, que l’on vit  dans une ville qui compte une multitude de nationalités, quoi de plus normal  que de parler de cosmopolitisme. C’est ainsi que nous pouvons qualifier la vie de Nicole Jocelyn. 

De Port-au-Prince à Kinshasa en passant par la France, cette haïtienne connaît et vit le cosmopolitisme. Elle-même le précise : "Ce métier m’apporte un rapport direct avec la clientèle. Comme ici (ndlr : Bruxelles), c’est un grand centre cosmopolite, je rencontre des gens de toutes sortes d’origines, de tous les pays. À chaque cliente, c’est comme si l’on voyageait. On apprend beaucoup. Et c’est un échange, parfois de psychologie. On aide les clientes ; à force, on devient de grands conseillers. Ça apporte beaucoup, un grand contact humain".

Afin de retrouver les siens qui vivent ailleurs, Nicole s’envole fréquemment vers les Etats-Unis et Haïti. Une bonne partie de sa famille y vit. Les voyages prennent par conséquent une place importante dans sa vie.

Un petit engagement politique

Plébiscitée à plusieurs reprises par la communauté africaine du quartier Matongé pour la représenter, Nicole a maintes fois décliné l’offre. Étant une des commerçantes les plus anciennes de la Chaussée de Wavre et possédant une expression aisée et soutenue, elle incarnait le porte-parole idéal de ce quartier multiculturel. D’autant que Nicole est polyglotte, ce qui constitue un atout dans un milieu aussi diversifié que Porte de Namur. À l’époque mère de deux bout’chous en bas âge, elle a préféré se consacrer entièrement à ses enfants. Mais depuis lors, elle a réexaminé cette opportunité qui s’offrait à elle. Voilà presque six ans que cette coiffeuse hors pair représente les commerçants du quartier africain le plus connu de Belgique.

En effet, Nicole a endossé cette fonction de présidente des Commerçants du petit Matongé malgré elle, mais avec autant d’investissement et de rigueur que si elle l’avait choisi. Bien qu’elle ressente, chaque année, l’envie de céder la place à quelqu’un d’autre, elle garde un espoir positif quant à l’amélioration de la situation de ce quartier qui fait partie d’elle. Et elle reconnaît que le vandalisme et le banditisme vécus des années auparavant sont en voie d’extinction et que Matongé retrouve des couleurs plus éclatantes.

"C’est un problème qu’on a pris à bras-le-corps il y a plus ou moins six ans avec le bourgmestre Willy Decourty. Il a mis en place une police bien spécifique de proximité, Police Matongé. Grâce à ça, on peut dire que dans le petit Matongé, on n’a plus autant de problèmes qu’avant. De plus, depuis un an environ, on a le contrat de quartier Blyckaerts. C’est en fait la région qui va insuffler de l’argent dans ce quartier-ci. Tout ça constitue donc un élan positif", argumente-t-elle.

Néanmoins, elle espère passer la main à un autre confrère ou une consoeur. Gérer une telle fonction requiert beaucoup de temps et d’énergie. Elle préférerait les consacrer à sa famille. Puis, c’est simple. Après six ans, il est plus que temps, estime-t-elle, de céder la présidence.

"Ma vie actuelle, c'est avant tout celle d'une mère au foyer"

Après trente ans de métier, Nicole Jocelyn se dit comblée, tant professionnellement que dans sa vie privée. Elle vit le bonheur d’avoir deux enfants. Comme elle le dit avec le sourire, elle a eu le choix du roi. Eh oui, c’est royal d’avoir un garçon et une fille qui vous remplissent de joie. Sans omettre de rendre grâce à Dieu, c’est avec fierté que la dame aux nattes d’or porte ses différentes casquettes. Et si c’était à recommencer, c’est sans aucune hésitation qu’elle referait les choses de la même manière.

Quand on a le sentiment d’avoir rencontré le succès, pourquoi changer cette vie qu’on a choisie contre une autre qui serait peut-être moins excitante ?

La vie de Nicole tourne de plus en plus autour sa famille et de moins en moins autour de sa passion. Effectivement, "ma vie actuelle est avant tout une vie de mère au foyer bien que je sois très professionnelle. Depuis six ans, je travaille ¾ temps. Sur les trente années de coiffure que j’ai à mon actif, les vingt premières étaient consacrées au travail. Et depuis dix ans, celui-ci est relégué au second rang et ma famille occupe  une place primordiale", souligne-t-elle avec plaisir.

C’est donc tout naturellement que sa semaine débute, quasi rituellement, par la préparation des enfants. Nicole va les conduire à l’école. Elle arrête le travail relativement tôt parce que c’est également elle qui se charge de les récupérer à la sortie. Excepté le samedi où elle travaille au finish, c’est-à-dire jusqu’à vingt heures passées.

Petite anecdote, lors de la rédaction de ce papier, nous l’avons recontactée pour obtenir quelques précisions supplémentaires. Mère dévouée, Nicole Jocelyn était sur le point d’aller s’amuser avec ses enfants à une fête foraine, elle n’avait donc que cinq minutes à nous consacrer, mais nous ne lui en avons volées que trois.

Noémie Moukanda

03:20 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (9)

Commentaires

bonjour j aimerais me faire des rasta sans rajout, je voudrais savoir combien sa coute et un maximum d infos la dessus ! merci d avance.

Écrit par : karim | 15/03/2009

à quelle numéro est-il possible de contacter le salon??

Écrit par : sophie | 20/06/2009

Bonjour, je voudrais avoir des renseignements pour contacter le salon pour me faire des tresses collées. Merci...

Écrit par : Elise | 08/07/2009

Bonjour chers lecteurs!

Ahhhhh je réponds certainement trop tard mais voici les renseignements dont vous avez besoin : Le salon se trouve sur la chaussée de Wavre, un peu avant d'atteindre la chaussée d'Ixelles, trottoir de droite. Je crois que le nom est Extension... (ça fait longtemps et je commence à oublier quelques données bruxelloises :( )
Autrement, je ne suis pas connaisseuse des salons de coiffure vu que j'avais le privilège de me faire tresser par ma soeur :)

A bientôt!

Noémie

Écrit par : Noémie | 11/09/2009

bnj avez vous les produits OLIVE OIL shampoo et masque svp c est urgent.
vous pouvez me contacter au numero suivant 0497400509

Écrit par : sara | 22/09/2009

Bonjour Sara,

Je suis journaliste, pas coiffeuse... J'ai écrit cet article sur Nicole car je trouvais son parcours intéressant. Si vous habitez Bruxelles, vous pouvez trouver les produits Olive Oil dans le quartier Porte de Namur (Matongué).

Moi, j'habite au Canada maintenant si vous avez lu mon blog ;-)

Écrit par : Noémie | 22/09/2009

Euh voilà, votre article est bien bon, je viens de découvrir votre blog et l'ai complètement dévoré. Je vais avoir besoin d'un peu de temps pour bien assimiler le tout quand même.

Écrit par : greffe de cheveux paris | 01/10/2010

Euh en ce moment, le contenu peut être tout à fait ceux grande, j'ai découvert tout à l'heure votre blog et encore n'ai absolument dévoré. Je vais auront besoin d'un peu de temps pour vous assurer que vous réalisez tout moment possible.

Implant Capillaire Bruxelles

Écrit par : Implant Capillaire Bruxelles | 19/06/2014

Bonjour, je suis etudiante dans une ecole de photo et je voulais savoir si il était possible de prendre des photo de votre salon, de l'ambiance, de l'atmosphère et de votre travail !


Merci de me contacter !!!!



marie !

Écrit par : Marie | 25/03/2015

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