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11/02/2010

La pub, une compétition sportive à part entière

IMG_0182.JPGLe business est omniprésent. Il est quasiment impossible d’organiser un évènement aujourd’hui sans évoquer l’argent. Et la compétition est rude parmi les commanditaires.


Loin d’être ignorante, je me doute que les sommes engrangées dans ces évènements sportifs sont colossales. Mais avec les Jeux Olympiques de Vancouver, j’ai vu la machine tourner. J’ai été témoin de l’invasion publicitaire de ces grands sponsors.

Coca Cola, Visa, Mac Donald, Samsung, Acer et autres ont littéralement envahi les panneaux publicitaires. Et c’est un euphémisme. Puis, c'est une épreuve des plus classiques pour des partenaires officiels des Jeux. Par ailleurs, le Comité organisateur, COVAN, s’est réservé tous ces espaces pour assurer la plus grande visibilité des Jeux (de ses partenaires surtout) et honorer sa part du marché.

Impossible donc de faire dix mètres sans tomber nez à nez avec une affiche de ces marques qui n’ont plus besoin d’asseoir leur renommée.

On comprend dès lors la teneur de ces contrats à six, sept voire huit chiffres! Par exemple, le magasin officiel de tous les produits olympiques n’accepte que deux moyens de paiement : l’argent comptant ou VISA. Tout dans ce supertore porte le logo Visa. Alors imaginez la fièvre acheteuse qui a touché Vancouver avec ces milliers de sacs bleus “Go World, Go le monde” accrochés aux poignets des consommateurs! Je serai curieuse de savoir combien le géant de la carte de crédit a payé pour une telle omniprésence. Le plus ironique demeure ces petits messages joliment disposés un peu partout dans le magasin : “ Nous sommes fiers d’accepter Visa”. Et j’ajouterai “fiers de vous indiquer un distributeur d’argent qui vous coûtera quelques piastres pour le retrait”.

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Et Coca n’y a pas non plus été du dos de la cuillère. Pour rendre le magasinage agréable, malgré l’achalandage, accordez-vous un moment détente dans la cafétéria Coca aménagée dans le magasin olympique. Tout est rouge! Malheur à celui qui demandera un Pepsi alors que le géant américain trône en dieu dans ce temple de la consommation.

Puis le troisième commanditaire, mais pas des moindres, Mac Donald, est le restaurateur officiel des athlètes. J’ai presque envie de dire “les pauvres!”. Manger des hamburgers, des frites et boire des boissons gazeuses à longueur de journée, pas très recommandé comme régime ça. Enfin, j’oubliais, il y a la main verte : les salades, I’m lovin’ it ;-)

On peut faire tous les constats que l’on veut, les JO représentent une machine à fric, une vraie poule aux oeufs d'or. On peut manifester à souhait, ça ne changera pas d’aussitôt. On peut vouloir boycotter les produits de ces sponsors qui limitent nos libertés, ils continueront à avoir une suprématie car ils ont l’argent pour. On peut clamer haut et fort “moi, jamais je ne donnerais mon argent à ces voleurs”, cela ne restera qu’une goutte dans l’océan. Parce que vivre un rendez-vous aussi mondial que les JO, c’est une chance qui n’est pas souvent donnée. Et pour jouer le jeu, malgré les désaccords, pour supporter ses athlètes, son pays, le patriotisme doit prendre le dessus. Et que l’on veuille ou non, on arbore les couleurs de l’équipe nationale, même si l’on a dépensé que dix dollars.

Les affaires restent donc les affaires. Que ce soit à Vancouver, à Pékin, à Turin et pour toutes les rencontres sportives internationales, les règles de la compétition demeurent les mêmes! Le plus offrant est le plus médaillé.

Puis, qu’on soit d’accord ou pas, en achetant nos mascottes au superstore olympique, on paie avec Visa. Lorsqu’on assistera à un match et qu’on aura besoin de se désaltérer, on boira un coca et si on a un creux, ma foi oui, on croquera dans un McDo, qu’on le veuille ou non!

Noémie

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