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20/04/2010

Chez soi, à la maison?

Un mois ! Voilà un mois que je suis de retour au pays. Enfin, pas celui de ma naissance mais celle de ma croissance.

Un peu comme les centaines de milliers de touristes qui ont pris part aux festivités olympiques, j’ai moi-même plié bagage. Cependant, je ne laisse pas Vancouver derrière moi, mais m’accorde juste le temps de me poser, de réfléchir et de dresser un micro-bilan après 18 mois sur le continent américain.


 

Forcément une aventure si longue laisse des séquelles. Inéluctablement, une pareille absence met en scène un retour dans un contexte plutôt fait de chocs. Le décalage horaire ayant été la première gifle, j’ai subi, et subis encore, des décalages de toutes natures.

Vivre en décalage, ça revient parfois à vivre en marge de la société. Une société dans laquelle on est mais dont on n’a plus le sentiment d’appartenir. Voilà ce qu’une expérience de 18 mois dans un pays pourtant faisant le lien entre le Vieux et le Nouveau Continent peut avoir comme conséquence.

Ah le fameux sentiment d’appartenance si cher aux Canadiens me turlupine l’esprit quotidiennement ! Suis-je encore à ma place ? L’étais-je lorsque j’ai immigré en Colombie-Britannique ? Le serai-je à mon retour ? Bref, vous imaginez l’activité quasi anormale de mon cerveau depuis 35 jours. Même bien plus pour ceux qui me connaissent. Enfin, ceux-là mêmes la qualifieront de « normale ».

En 1991, j’avais dix ans et je découvrais un autre monde, un univers avec un mode de vie aux antipodes de celui que je connaissais en Afrique, au Zaïre de l’époque. Mais à dix ans, on n’a pas l’impression d’être marqué au point d’analyser le moindre changement, le moindre décalage. À dix ans, on a les yeux en quête de découvertes, de nouvelles expériences et surtout, à dix ans, on ne cherche qu’à en profiter.

Contrairement à beaucoup de récits de vie qui m’ont été contés, le mien semble linéaire. Une intégration quasi réussie. Il fallait s’acclimater certes mais le fil se tissait de lui-même. Les mailles se tricotaient naturellement et mon histoire belge prenait forme sans trop de défauts. Mais ces yeux et le regard que je pose sur cet univers ont évolué. Et celui que l’environnement pose sur moi a lui aussi changé. Les interrogations viennent dès lors perturber la quiétude de l’âme, les remises en questions, les questionnements fusent. Et on en perd de plus en plus son identité. Fort heureusement l’appellation « citoyen du monde » a fait la part belle à certaines nationalités. Malheureusement, cela ne suffit pas à se définir, à réduire certains décalages, à se sentir plus en phase avec la société dans laquelle on vit. Toutefois, ça rassure. Parce qu’être citoyen du monde signifie par défaut n’appartenir à aucune terre, n’afficher aucune identité nationale, mais s’estimer chez soi, du moins comme chez soi, partout où le vent nous mène… peu importe le continent, peu importe la civilisation.

Là aussi, il m’est difficile de trancher, il me semble illusoire de croire que ces fameuses questions existentielles, qui n’accordent aucun répit à mon cerveau, apportent une réponse satisfaisante. Alors je me demande, continuellement, comment estime-t-on, objectivement, être à sa place ? Comment arrive-t-on à gommer les éléments qui nous écartent de la norme, qui favorisent le choc ? Je demeure perplexe, vraiment ! Je me souviens d’un cours sur LES cultures et LA culture que j’ai suivi sur les bancs de l’université. Il est peut-être temps de le relire, aujourd’hui, alors que mes yeux d’enfant innocent découvrent un autre monde, qu’ils ont été voir ce qui se passe ailleurs et cherchent ce qu’ils veulent voir au quotidien. Là, au moment où je tape ces lignes, m’apparaît une lueur dans ces yeux qui subissent des chocs, déstabilisants comme enrichissants. Un clin d’œil messager… mais de quoi ? À moi de le découvrir… peut-être !

 

Noémie

13:19 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

S'interroger sur son rôle et sa place ici-bas est toujours chose utile, même si l'exercice prend vite des tours un peu vertigineux...

Je te souhaite de trancher bientôt ces questions, dans le sens d'une sérénité accrue. Sans pour autant basculer dans la sédentarité repue : un peu d'inconfort reste indispensable au dynamisme et à la création !

A plus. Biz.

Signé : un de tes décalages

Écrit par : Juju | 16/07/2010

S'interroger sur son rôle et sa place ici-bas est toujours chose utile, même si l'exercice prend vite des tours un peu vertigineux...

Écrit par : moncler vest for women | 16/02/2011

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